For Parents

Poussée de croissance et natation : guide pour parents

By Fabio Verschoor07 May 20269 min
Poussée de croissance et natation : guide pour parents

Adolescent nageur grand et élancé, assis au bord de la piscine, les pieds dans l'eau, qui regarde vers le bas d'un air songeur

Réponse rapide

Les poussées de croissance font souvent plafonner ou reculer les temps de natation pendant des mois, même quand l'entraînement reste exigeant. Des membres plus longs dérèglent le synchronisme. Comparez cette saison à la précédente, dans le même type de bassin, et non à une coéquipière qui a déjà grandi. Connectez-vous à Gophin (gratuit) et utilisez Compare Seasons pour qu'une seule compétition lente ne résume pas toute l'histoire.

Imaginez une jeune de 13 ans dont le trait de crayon sur le cadre de porte a monté de près de 5 cm (deux pouces) en un seul été. Elle est ravie d'avoir grandi. Elle est aussi, pour la première fois, plus lente qu'il y a un an. Son 100 libre avait baissé de deux secondes la saison dernière; cette saison, il est remonté de plus d'une seconde. Même entraînement. Plus d'efforts, même. Et les temps vont dans le mauvais sens.

Ce ne sont pas tous les nageurs qui plafonnent. Notre propre fille a grandi vite à 13 ans et ses temps ont continué de baisser. Mais beaucoup plafonnent, et ça prend les familles par surprise.

Si vous êtes un parent de nageur qui voit son enfant grandir de plusieurs centimètres en un an et, malgré tout, ralentir, cet article est pour vous. Le plateau ou le recul qui accompagne souvent une poussée de croissance n'est pas un échec de l'entraîneur, ni un problème de motivation, ni le signe que votre nageur est fini à 13 ans. C'est de la biologie. Et ça passe presque toujours.

Voici ce qui se passe vraiment, ce que montre la recherche et comment en parler sans aggraver les choses.

Ce qui se passe pendant une poussée de croissance

Adolescent nageur grand et mince, debout dans le vestiaire de la piscine, qui tire sur un t-shirt devenu trop court

En moyenne, la poussée de croissance de l'adolescence atteint son sommet vers 11,5 ans chez les filles et 13,5 ans chez les garçons, selon une revue sur la croissance des enfants américains publiée dans Pediatrics, la revue de l'AAP [1]. Au sommet, les filles grandissent d'environ 8 cm (3 po) par année et les garçons d'environ 9,5 cm (près de 4 po). Ce sont des moyennes : beaucoup d'enfants en santé atteignent ce sommet un an ou deux plus tôt ou plus tard que leurs coéquipiers, ce qui explique que deux nageurs nés la même année puissent avoir des corps complètement différents.

Pendant cette période, plusieurs changements se produisent en même temps :

  • Les os s'allongent rapidement. Les os longs des bras et des jambes grandissent avant que les muscles, les tendons et les ligaments aient eu le temps de s'adapter.
  • Les leviers changent. Un nageur qui a passé quatre ans à ajuster sa technique à un certain gabarit se retrouve soudain avec d'autres proportions, souvent des bras et des jambes plus longs par rapport au tronc.
  • La coordination baisse temporairement. Les schémas moteurs construits autour de l'ancien corps doivent se réajuster au nouveau.
  • Le centre de masse se déplace. La composition corporelle change, ce qui influence la flottabilité et la position du corps dans l'eau.
  • Le temps de récupération augmente. Les tissus en croissance demandent de l'énergie. Les besoins en sommeil augmentent. La tolérance aux gros volumes d'entraînement baisse souvent.
  • Le rapport force-poids diminue temporairement. La masse musculaire prend du temps à rattraper la nouvelle charpente.

Aucun de ces changements n'est mauvais. C'est exactement ce qui doit arriver. Mais ils influencent tous, à court terme, les sensations dans la nage et la vitesse du nageur dans l'eau.

Pourquoi la technique change en pleine croissance

La technique d'un nageur est construite autour de son corps : les proportions, le centre de masse, le rapport force-poids de cette saison précise. Quand le corps change plus vite que la technique ne peut s'adapter, les temps de course le reflètent.

Voici comment chaque changement physique se traduit dans l'eau :

  • Des bras plus longs changent la prise d'eau. Un nageur qui a bâti sa prise d'eau au crawl quand il mesurait 1,47 m (4 pi 10 po) mesure maintenant 1,57 m (5 pi 2 po), et ses bras plus longs entrent dans l'eau au même angle. La traction qui donnait une prise d'eau fluide et propulsive l'an dernier fait maintenant trop tourner l'épaule ou tire au-delà de la ligne médiane du corps. Se réajuster demande des semaines de travail technique, pas quelques jours.
  • Des jambes plus longues changent le battement. Des leviers plus grands déplacent plus d'eau à chaque battement, mais créent aussi plus de résistance si le battement ne part pas de la hanche. Beaucoup de jeunes nageurs traversent une période où le battement passe de « serré et rapide » à « lâche et freinant » avant que le nouveau schéma moteur se mette en place.
  • Un centre de masse plus haut modifie la position du corps. Comme les membres grandissent avant que le tronc prenne du volume, le corps peut flotter plus bas dans l'eau, surtout au niveau des jambes, ce qui augmente énormément la résistance.
  • Plus de corps à déplacer, moins de force proportionnelle. Tant que la masse musculaire n'a pas rattrapé la nouvelle charpente, chaque mouvement propulse plus de poids avec la même force, ou moins, par mouvement.

C'est pour ça que le même effort qui donnait 1:08 à 12 ans donne 1:09 à 13 ans, même avec plus d'entraînement, plus de concentration et plus de temps dans l'eau. La technique ne flanche pas. Elle renégocie avec le nouveau corps.

Pour le côté émotionnel et la motivation pendant une période de performances plates, notre article sur pourquoi le plateau est normal explique quoi dire (et quoi éviter) quand votre nageur le traverse.

Comment les besoins de récupération changent pendant la croissance

Mère inquiète dans les gradins d'une compétition de natation, qui consulte les résultats sur son téléphone

C'est l'aspect le moins abordé de la natation pendant une poussée de croissance. Un corps en croissance ne fait pas que performer dans l'eau. Il fabrique de l'os, allonge des tendons, augmente sa capacité pulmonaire et développe du muscle. Tout ça demande des calories, du sommeil et du temps.

Ce qui change pendant les périodes de forte croissance :

  • Le sommeil compte encore plus. L'hormone de croissance est libérée surtout pendant le sommeil profond. L'American Academy of Sleep Medicine recommande de 9 à 12 heures par nuit de 6 à 12 ans et de 8 à 10 heures de 13 à 18 ans [2]. Un enfant en croissance qui s'entraîne fort devrait viser le haut de cette fourchette, même quand son horaire et sa vie sociale s'y opposent. Plus de détails dans notre guide sur combien d'heures de sommeil il faut aux nageurs.
  • Les besoins alimentaires augmentent. Un corps en croissance qui s'entraîne presque tous les jours a besoin de plus d'énergie que le même enfant il y a un an. Une fatigue persistante ou une récupération lente entre les entraînements vient souvent d'un manque d'énergie dans l'assiette, pas d'un manque d'entraînement. En cas de doute, un pédiatre ou un nutritionniste du sport peut faire le point.
  • La récupération entre les séances difficiles prend plus de temps. Les doubles entraînements qui fonctionnaient à 11 ans peuvent demander une journée de récupération de plus à 13 ans. Un corps qui reconstruit ses tissus a besoin de plus de temps pour se remettre du même stimulus d'entraînement.
  • La tolérance à la charge cumulée baisse temporairement. Un nageur en pleine poussée de croissance qui suit le volume hebdomadaire de ses pairs risque de compenser en récupérant mal, ce qui se traduit par plus de maladies, plus de courbatures et des temps plus lents.

Les parents et les entraîneurs qui voient la croissance comme un simple « il est plus grand maintenant » passent à côté de ça. L'enfant reconstruit aussi son corps de l'intérieur, et cette reconstruction puise dans la même énergie que l'entraînement.

Ce que les entraîneurs ajustent souvent

Un bon entraîneur qui voit un nageur traverser une poussée de croissance modifie habituellement un ou plusieurs de ces éléments :

  • Le volume d'entraînement. Un peu moins de distance, surtout pendant les mois de croissance les plus intenses, donne souvent de meilleurs temps que de forcer.
  • L'accent technique. Plus de travail technique, moins de travail aérobie à la chaîne. Bâtir la nouvelle nage avec le nouveau corps rapporte plus que de courir après des séries à l'allure de course.
  • Le renforcement. Un entraînement hors de l'eau au poids du corps ou avec une résistance légère, axé sur la stabilité (surtout des épaules et du tronc), soutient la nouvelle charpente sans surcharger des articulations encore fragiles.
  • Le choix des épreuves. Moins d'épreuves par compétition, plus d'attention à l'exécution technique plutôt que de courir toutes les épreuves.
  • La planification de la récupération. Des journées de repos intégrées, des semaines allégées ou des blocs d'intensité en rotation.

Ce sont des décisions d'entraîneur, pas de parent. Mais savoir à quoi ressemblent de bons ajustements vous aide à avoir une conversation utile avec l'entraîneur quand vous faites le point.

Quoi suivre plutôt que les seuls meilleurs temps

Parent et adolescent qui marchent ensemble vers le centre aquatique, sacs de natation à l'épaule

Quand un nageur est en pleine poussée de croissance, comparer chaque course à son meilleur temps à vie mène tout droit au découragement. Ce meilleur temps a été réalisé dans un autre corps. Il finira par tomber, mais probablement pas cette saison.

Les chercheurs qui suivent des nageurs pendant la puberté procèdent de la même façon : une étude néerlandaise qui a suivi 90 nageurs talentueux sur trois saisons a mesuré les meilleurs temps de la saison, année après année, et non les meilleurs temps à vie [3].

Ce qui vaut la peine d'être suivi à la place :

  • Les meilleurs temps de la saison. Un point de référence raisonnable pour le corps actuel et le cycle d'entraînement en cours.
  • La progression des temps pendant la saison. Le nageur améliore-t-il ses temps au fil de cette saison, même s'il reste plus lent que son meilleur temps de l'an dernier?
  • Les temps de passage, pas seulement le temps final. Souvent, la deuxième moitié de la course montre une vraie amélioration (meilleure forme, meilleure gestion de course) même quand le temps total est plus lent.
  • Le nombre et la fréquence de mouvements. Un nageur qui s'adapte à des leviers plus longs peut faire moins de mouvements par longueur. C'est le signe que le corps réapprend l'efficacité.
  • L'effort et les sensations, d'une course à l'autre. Ce n'est pas toujours mesurable, mais les entraîneurs et les nageurs sentent généralement quand quelque chose recommence à cliquer.

C'est là qu'avoir tous les résultats de compétition au même endroit fait vraiment une différence. Une mauvaise course isolée a l'air catastrophique. La même course placée à côté des 18 derniers mois de temps ressemble souvent exactement à ce que fait une poussée de croissance : un passage à plat temporaire dans une longue tendance à la hausse.

Voir toute la trajectoire, pas seulement la dernière compétition

Gophin récupère automatiquement chaque résultat officiel, alors vous n'avez pas à reconstituer 18 mois de compétitions à la main. Compare Seasons place cette saison à côté de la précédente, épreuve par épreuve, dans le même type de bassin. Best Times ouvre l'historique de chaque épreuve sous forme de graphique, et Splits Analysis montre si la deuxième moitié d'une course se renforce pendant que le temps final stagne. Quand votre nageur demande « est-ce que je deviens moins bon? », vous pouvez répondre avec la tendance plutôt qu'avec une supposition. C'est gratuit.

Connectez-vous et ouvrez Compare Seasons →

Un « plateau » fait beaucoup moins peur quand on voit le portrait complet plutôt que la dernière compétition.

Comment en parler

La façon dont les parents et les entraîneurs parlent d'un plateau lié à la croissance compte autant que l'entraînement. Le mauvais message (« tu étais plus rapide avant, qu'est-ce qui s'est passé? ») peut briser la relation d'un nageur avec son sport. Le bon message le garde dans l'eau pendant les années difficiles, jusqu'aux années productives qui suivent.

Quelques principes :

Ne faites pas semblant que ça n'arrive pas. Un nageur qui sait qu'il est plus lent cette saison n'a pas besoin que son parent lui dise que tout va bien. Il a besoin d'entendre : « ton corps fait quelque chose de difficile en ce moment, et on sait que c'est frustrant ».

Ne dramatisez pas. « Tu étais la meilleure de ton groupe avant », ça n'aide pas. « Tu es peut-être en train de perdre ta passion pour le sport » non plus. La plupart des plateaux de croissance ont cet air-là vus de l'extérieur. C'est presque toujours autre chose.

Parlez de la trajectoire à long terme. Une saison plate au début de l'adolescence est courante, et une seule saison plate en dit très peu sur là où un nageur finira. La progression pendant la puberté est rarement une ligne droite.

Faites confiance à l'entraîneur, mais restez impliqué. Un bon entraîneur ajustera l'entraînement en fonction de la croissance et surveillera les signes de surcharge. Restez au courant. Demandez comment votre nageur réagit au cycle en cours.

Surveillez le risque de blessure. Les corps en pleine poussée de croissance sont plus à risque de blessures de surutilisation. Les douleurs à l'épaule, surtout. Pour en savoir plus, consultez notre guide de prévention de l'épaule du nageur.

Quand s'inquiéter

La plupart des plateaux de croissance se règlent d'eux-mêmes. Quelques signes justifient une discussion avec l'entraîneur (et peut-être un médecin du sport) :

  • Des temps clairement plus lents (pas seulement stables) pendant plusieurs compétitions de suite, dans le même type de bassin
  • Une douleur persistante à une articulation, surtout aux épaules, aux genoux ou au bas du dos
  • Une perte soudaine de motivation qui dure au-delà d'une simple mauvaise passe
  • Une baisse importante de l'énergie, de l'appétit ou de la qualité du sommeil
  • Des signes de surentraînement : fatigue chronique, maladies fréquentes, changements d'humeur

Un plateau lié à la croissance est normal. L'épuisement, le surentraînement et les blessures ne le sont pas. Savoir faire la différence est important.

À retenir

Les poussées de croissance sont le moment où beaucoup de jeunes nageurs ralentissent avant d'accélérer de nouveau. Un corps qui s'allonge plus vite qu'il ne se coordonne produit des inefficacités techniques qui prennent du temps à se corriger. Le plateau, c'est de la biologie, pas un échec.

Ce qui aide :

  • Suivre les meilleurs temps de la saison et la progression pendant la saison, pas seulement le meilleur temps à vie
  • Regarder la tendance à long terme, pas la dernière compétition
  • En parler honnêtement, sans dramatiser
  • Surveiller le risque de blessure pendant les périodes de forte croissance
  • Faire confiance au processus et à l'entraîneur

Les jeunes qui restent dans le sport pendant les années de croissance sont ceux qui peuvent découvrir ce que leur nouveau corps est capable de faire. Ceux qui abandonnent à 13 ans parce que leurs temps ont cessé de baisser ne le sauront jamais.

Quand la prochaine compétition aura l'air d'un recul, connectez-vous à Gophin et ouvrez Best Times, puis touchez l'épreuve pour voir tout son historique dans un seul graphique avant que quiconque dise « plus lent » dans l'auto. C'est gratuit.

Sources

  1. Abbassi, V. (1998). « Growth and normal puberty ». Pediatrics, 102(2 Pt 3), 507–511. American Academy of Pediatrics. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/9685454
  2. Paruthi, S., et al. (2016). « Recommended Amount of Sleep for Pediatric Populations: A Consensus Statement of the American Academy of Sleep Medicine ». Journal of Clinical Sleep Medicine, 12(6), 785–786. aasm.org (PDF)
  3. Post, A.K., Koning, R.H., Visscher, C. et Elferink-Gemser, M.T. (2024). « Growing up and reaching for the top: A longitudinal study on swim performance and its underlying characteristics in talented swimmers ». Journal of Sports Sciences, 42(2), 132–145. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/38412227
  4. Sokołowski, K., et al. (2025). « Does Higher Maturation Make Age-Grouped Swimmers Faster? A Study on Pubertal Female Swimmers ». Applied Sciences, 15(3), 1171. doi.org/10.3390/app15031171
  5. Fiori, J.M., et al. (2022). « The Impact of a Swimming Training Season on Anthropometrics, Maturation, and Kinematics in 12-Year-Old and Under Age-Group Swimmers: A Network Analysis ». Frontiers in Sports and Active Living. pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC8898940

Questions fréquentes

  • Pourquoi mon nageur est-il devenu plus lent pendant sa poussée de croissance?
    Des bras et des jambes plus longs et un corps qui change peuvent dérégler le synchronisme de la nage pendant des mois, même avec un entraînement exigeant. Les temps stagnent ou reculent souvent, puis baissent de nouveau quand la coordination rattrape le nouveau corps. Comparez avec sa propre saison précédente, pas avec un coéquipier qui a déjà grandi.
  • Combien de temps dure un plateau de croissance en natation?
    Souvent quelques mois, parfois une saison. Surveillez la tendance d'une compétition à l'autre dans le même type de bassin. Connectez-vous à Gophin et utilisez Compare Seasons pour qu'un samedi difficile ne résume pas toute l'histoire.
  • Devrais-je parler du plateau à l'entraîneur?
    Oui, dès que vous avez plus d'une compétition dans le même type de bassin. Apportez les temps, pas un diagnostic. L'entraîneur voit l'entraînement; vous voyez ce qui se passe à la maison. Ensemble, vous déterminez si c'est la croissance, la charge d'entraînement ou autre chose.
Fabio Verschoor

Fabio Verschoor

Fondateur et PDG, Gophin

Papa de nageuse, informaticien et entrepreneur en série. Quand ma fille a plongé dans la natation de compétition, j'ai combiné ma passion pour le sport et la technologie pour créer Gophin — afin que chaque famille puisse suivre la performance avec clarté.

Suivez vos temps de nage gratuitement

Connectez-vous et retrouvez vos meilleurs temps personnels, vos résultats de compétition et votre progression au même endroit. Gratuit pour tous.

Télécharger dans l'App StoreCode QR pour ouvrir la boutique sur votre téléphoneDisponible sur Google PlayCode QR pour ouvrir la boutique sur votre téléphone
Ou connectez-vous sur le web

Articles connexes